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L'air

2010

La première fois que j’ai utilisé le miroir, c’était pour une raison pratique, soit pour réaliser une sorte de périscope permettant au spectateur de découvrir la tête d’un loup-garou cachée dans un coin. J’aimais l’idée qu’une chose ne puisse être aperçue qu’au moyen d’un miroir et non directement. Il y a là, je crois, un côté très insidieux. Les miroirs sont redoutables. J’évite consciemment de m’y regarder quand je vais à la salle de bain la nuit, car j’ai peur d’y voir le diable ou autre chose que je ne serais pas supposé voir. En fait, je crains plus d’apercevoir un monstre dans un miroir qu’à côté de moi dans le monde réel, et j’ignore pourquoi c’est ainsi!

Les miroirs me permettent en outre de créer des espaces sans fin. Un objet qui contient un espace infini me fait penser à une personne, et j’aime ça. De plus, quand il y a plusieurs miroirs, cela crée une ambiance scintillante de disco qui se révèle très excitante lorsque combinée au répugnant et au monstrueux.

David Altmejd, « L'énergie du monstrueux. Entretien avec Peter Dubé », Espace, nº 79 (printemps 2007), p. 9.

Plexiglas, chaîne, fil métallique, fil, peinture acrylique, argile époxy, gel époxy

The Brant Foundation, Greenwich, Connecticut